Que veux-tu faire quand tu seras grande ?

Je n’ai jamais su répondre à cette question.
Pourquoi choisir, si choisir c’est renoncer à une partie de soi ?
J’ai toujours eu l’ambition de ne pas avoir à choisir.

Comptable, mère au foyer, vendeuse à domicile de robot culinaire, AESH auprès d’enfants en situation de handicap…
Autant de vies, autant d’expériences… Et pourtant toujours ce sentiment d’être à côté.

Ma place, je l’ai trouvée dans un coin de café, un carnet devant moi.
Une façon de poser une pensée, de la faire évoluer, de l’empêcher de devenir obsédante.

Peu à peu le projet a pris forme : observer, analyser, écrire et publier.

Dans un monde qui se referme chaque jour un peu plus sur lui-même, l’autre devient menace.
L’empathie s’efface au profit de l’intolérance et la nuance est accusée de faiblesse.
Moi, j’aime la nuance.

Comme au café, c’est ma réponse.

Un monde à bout de table

Le café est un lieu qui me fascine.

On y croise tout un monde.
De l’ouvrier du bâtiment, accoudé au comptoir pour un café serré, au cadre digitalisé en fond de salle, près d’une prise.
Des mères de famille débordées qui se retrouvent pour un petit déjeuner bavard.
Des retraités, philosophes ou plus aigris, mais toujours disponibles pour discuter un bout.
Des étudiants qui révisent, des professeurs qui corrigent les copies.
Des touristes, avant ou après une journée de visite éreintante.
Sans oublier, serveuses et serveurs qui naviguent des uns aux autres.

Chacun ses habitudes, chacun ses rituels.

Une pièce de théâtre en temps réel où les dialogues sont parfois drôles, parfois affligeants.
Mais toujours libres et inspirants.

C’est le lieu où, moi, je me sens libre d’écrire.