À la recherche du livre perdu…

Un village. Une boîte à livres. Je m’arrête. Toujours.  

Je suis toujours à la recherche d’un livre perdu ou abîmé, lu dans ma jeunesse.

Bien sûr, je pourrais chercher dans les boutiques de livres d’occasion à Paris. Ou écumer les brocantes.
Mais parcourir l’ensemble des bacs et les centaines d’ouvrages proposés sans classement, m’agenouiller à chaque stand pour fouiller des cartons, ça prend des heures.

Sans garantie de succès, la démarche m’apparaît surtout fastidieuse.

Je préfère me lancer dans une chasse au trésor où chaque boîte explorée m’offre l’espoir de trouver mon obsession du moment.

Et parfois le miracle se produit.

Depuis plusieurs années, je cherchais un exemplaire du Silex et la Rose de Brenda Jagger. Le volume deux d’une trilogie.
Mon exemplaire, acheté il y a plus de vingt ans dans une brocante, rendait l’âme empêchant la relecture de cette saga familiale sur trois générations.
Pas de la grande littérature, ni même un best-seller reconnu.
En un mot : introuvable.

Jusqu’à ce jour, il y a deux ans, où surprise par une violente averse en pleine visite d’un village du Massif central, j’ai trouvé refuge dans une vieille cabine téléphonique devant la mairie.

La cabine avait été transformée en bibliothèque. Une boîte à livres !
Le concept est très simple. Certains déposent des livres dont ils ne veulent plus, et d’autres y trouvent de la lecture gratuite.

Ce jour-là, j’ai trouvé LE roman que je cherchais : un exemplaire en grand format. Moi, je n’avais que le poche.  Les probabilités devaient être infimes et pourtant…

Depuis à chaque village traversé, je guette la boîte à livres et je m’arrête.

De la simple étagère en bois fixée à un mur, à l’ancienne cabine téléphonique transformée, les initiatives rivalisent d’imagination.

Cette année, j’ai trouvé une boîte à livres inédite… Deux frigos !
Les livres sont au sec, préservés de l’humidité et de la chaleur extérieure. Tout a été prévu : les livres jeunesse sont dans le compartiment bas du congélateur, accessibles aux enfants.

Les deux frigos ont été graffés, ce qui leur donne un côté objet d’art.

Chaque boîte à livres porte une promesse. Chaque ouvrage déposé là offre une surprise inattendue, une bouffée de nostalgie ou tout simplement la liberté d’une impulsion que l’on assumerait moins en librairie ou en bibliothèque.

Ma récolte de l’année est totalement improbable : Zola côtoie Sade et Hemingway rencontre  Agnès Abécassis.

Mon nouveau graal est le roman Sunset de Pierre Rey. Lu au lycée, j’en garde un souvenir flou mais j’avais adoré. Un exemplaire prêté par un ami. Malgré l’adage « un livre prêté est un livre perdu », je lui avais rendu.

Dans les jolis frigos, j’ai trouvé Palm Beach, du même auteur… Presque !

La quête se poursuit.

  • Une vraie carte au trésor

    18 348 boîtes à livres recensées en France, selon la base de données participative boites-a-livres.fr — alimentée par plus de 1 890 contributeurs bénévoles qui les répertorient une à une, avec photo à l’appui.
    La carte complète est consultable ici → https://www.boites-a-livres.fr/carte-de-france

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