Pause pipi ? Prends un ticket !
Une rubrique « Hors-sujet » ? Ça ne sert à rien et ça risque de créer de la confusion… Oui, peut-être. Mais je me connais : je sais que j’aurai envie de parler de sujets trop triviaux pour intégrer une catégorie « Travail », « Société » ou « Relations ».
Et j’avais raison.
Aujourd’hui, j’ai envie de parler… des toilettes sur les aires d’autoroute.
Ces aires, on les connaît tous. C’est un passage obligé pendant un long trajet ou comme moi ce samedi, sur la route des vacances. Un café à la machine à café, de plus en plus sophistiquée. Une bricole à grignoter à la supérette. Et bien sûr, la traditionnelle pause pipi.
Et c’est à ce moment que l’expérience diffère fortement selon que vous êtes un homme ou une femme.
Moi, je suis une femme. Pour trouver les toilettes publiques, il me suffit de trouver la file d’attente.
— C’est la queue pour les toilettes ?
— Oui, répond la malheureuse devant moi.
Entre agacement et résignation, elle attend déjà depuis 4 minutes. Je prends place derrière elle.
Une nouvelle minute s’écoule, on avance de quelques centimètres.
Un homme s’arrête à côté de la dame : « un pipi et on repart ? ». La femme ne répond pas.
Son mari file aux toilettes hommes. Il repasse moins de deux minutes après et se moque ouvertement : « bah alors, toujours pas passée ? ».
Lui a eu le temps de vadrouiller au rayon friandises, de prendre un café, de le boire tranquillement à l’extérieur et de se soulager. Elle n’a même pas encore atteint l’entrée des WC !
Pour les hommes, c’est facile. Le trafic est toujours fluide. La dame et moi, on rumine.
Le nombre de cabines est le même des deux côtés, hommes et femmes. Et les architectes du lieu ont prévu un dispositif adapté spécifiquement aux hommes : les urinoirs.
Aucune adaptation du côté des femmes… Ah si pardon, une : le porte-sac sur la porte.
Comme il était hors de question que je passe ma pause à faire la queue dix minutes pour soulager une envie pressante, que me retenir n’était pas une option non plus, j’ai pris la direction des toilettes pour hommes.
Le choc : toutes les cabines y étaient vides ! La preuve que quelque chose cloche, non ?
En sortant, j’ai recroisé ma voisine d’attente, elle était la prochaine à passer le pas de la porte. « Les toilettes hommes sont vides, si vous voulez… ». Elle m’a regardée horrifiée.
Quel genre de femme suis-je donc pour transgresser un tel tabou ?
Ma foi… Visiblement, je suis du genre qui préfère prendre une pause en sirotant son café à l’extérieur, au soleil.
Et vous, vous êtes quel genre ?

