Aujourd’hui, les adultes, c’est nous.
Septembre 2026. Les lycéens se mobilisent. Des revendications. Des blocages de lycées. Le mouvement s’étend même jusqu’à quelques établissements privés.
La réponse officielle passe par la répression. Des adolescents gravement blessés, dont certains mutilés. Des lycées saccagés ou incendiés.
La violence monte en intensité au fil des jours, et de tous les côtés.
Sur les réseaux, les témoignages de jeunes, de parents et de personnels de l’Éducation nationale se multiplient en marge des récits officiels.
Et nous, adultes, on a fait quoi ?
Pour une grande majorité, on a regardé. Et commenté.
Pour certains, la nostalgie domine. Ces mouvements nous ramènent à notre propre jeunesse. Chaque génération ou presque a vécu son mouvement étudiant.
Mais de la bienveillance à la condescendance, il n’y a qu’un pas. Quand faire grève est considéré comme un rite initiatique, le fond des revendications importe peu.
Pour d’autres, ce sont justement les revendications qui prêtent à sourire. Chaque demande se commente entre sarcasmes et dérision. On les renvoie au « vrai monde », celui du travail. On leur oppose les « vrais combats », ceux du passé… Les nôtres.
Sans nous en apercevoir, nous sommes passés de l’autre côté. Celui des « vieux » qui, comme nos parents en leur temps, assènent des « À mon époque… ».
Bienveillantes, condescendantes ou hostiles, ces réactions participent à un triste constat : des lycéens en grève, ça ne se prend pas vraiment au sérieux.
Moi, la première.
J’ai observé de loin. Avec une légère dose d’ironie : « Il ne fallait pas leur supprimer les portables… ».
J’étais surtout curieuse de voir la suite. Ce mouvement déclencherait-il un sursaut de révolte dans une société tristement anesthésiée après le passage du Covid ?
Pourquoi ne pas écouter une jeunesse qui exprime un malaise ? Pourquoi disqualifier d’office la pertinence de ses revendications ? Pourquoi mettre en cause la légitimité de ses motivations en l’attribuant à une obscure manipulation politique ?
D’ailleurs, c’est quoi leurs plaintes ?
Des professeurs absents non remplacés, des locaux décrépits, des classes surchargées, des emplois du temps avec une grande amplitude horaire, un système d’accès aux études supérieures (Parcoursup) vécu comme aléatoire et injuste…
Les raisons de la colère sont réelles. Ces jeunes ne font pas un caprice.
Et si nous étions, tout simplement, pris dans un cycle générationnel où adultes et jeunes s’affrontent pour définir la société dans laquelle ils veulent vivre ?
À leur âge, nous tenions les adultes pour responsables, et nous nous promettions d’être différents. Aujourd’hui, les adultes, c’est nous.
À nous de leur donner ce que nous réclamions alors : de l’écoute.
Et pourquoi pas… du soutien.






