« T’as qu’à prendre le train ! »

Le prochain qui me dit « prends le train » quand je me plains de ne plus avoir de voiture pour partir en vacances, je hurle.

En vacances, les enfants et moi, ce qu’on aime, c’est se perdre. On vadrouille à la découverte d’une région inconnue. Des aventuriers à la recherche d’une pépite : un spot de baignade secret, un village insolite.  

Prendre un train, c’est définir à l’avance son point d’arrivée. Rien à voir.

Cet hiver, j’ai dû renoncer à ma voiture.

J’habite Paris, donc en théorie, faire sans voiture devait être facile. Et plus économique.

Parce qu’en ville, une voiture, ça ne sert à rien. Et c’est vrai, habiter une grande métropole, avec une offre de transports collectifs développés, c’est une chance qui rend la voiture quasi inutile pour un usage au quotidien.

Et posséder une voiture, ça coûte cher. Personne ne peut le contester, les coûts sont largement identifiés : le crédit, l’assurance, l’essence, le parking, l’entretien.

Mais on oublie trop souvent que ne pas avoir de voiture a également un coût et pas uniquement financier.

Les alternatives à la voiture existent. Elles sont nombreuses dans les grandes villes, mais elles n’en sont pas pour autant gratuites.
Ramener un meuble en bus ou en métro : difficile. Mais se faire livrer, c’est un coût supplémentaire.  
Prendre un taxi, louer une voiture, c’est possible. Mais c’est aussi un budget.

Le tarif des billets de train évolue tellement selon la période de l’année, qu’il vaut mieux s’y prendre à l’avance.  À défaut, on risque de payer le prix fort.  

Et partir en vacances en train, c’est aussi composer avec les horaires, limiter les bagages, prévoir ses déplacements une fois arrivé sur place. Chaque débordement coûte.

Pourtant, personne ne semble reconnaître ces coûts.
On ne les additionne pas, on ne les compare pas. On les absorbe au fur et à mesure.

On néglige, aussi, la charge mentale nécessaire pour tout organiser. Sans parler du temps perdu.

Récemment, j’ai voulu rendre visite à un proche hospitalisé en proche banlieue. Un métro, puis un RER, puis un bus. Soit une heure trente de trajet pour se retrouver. En voiture, j’aurais mis trente minutes. Même avec des bouchons.

Au final, ne pas avoir de voiture n’efface pas les contraintes : cela les déplace. On remplace un coût fixe par une multitude de coûts diffus, de petits inconforts, d’arbitrages et d’adaptations permanentes.

Une fatigue discrète mais réelle, qui peut décourager les projets les plus simples.

Alors, bien sûr, lorsqu’on raisonne à partir du seul quotidien, les trajets domicile-travail, les courses de proximité, les déplacements habituels, la voiture peut sembler superflue.

Mais la vie ne se résume pas aux trajets du quotidien ni à une organisation quasi militaire des déplacements.

J’aime l’improvisation. Les départs de dernière minute. Les week-ends qui se décident sur un coup de tête. Les routes que l’on prend sans savoir exactement où elles nous mènent.

Être libre de partir où l’on veut. Pas seulement là où il y a une gare.

Perdre cette liberté, c’est le seul coût que je refuse de payer.

  • Et si jamais…

    Je recherche une voiture : pas chère, fiable, peu de kilomètres. Hybride.
    Et, si possible, un peu jolie.
    Me contacter par mail.
    Alexia

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